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Les disques du Grigri – le cru 2019

Vous l’avez peut-être remarqué vous aussi, mais on approche de la fin du temps réglementaire de cette année 2019. C’est donc le moment de faire le bilan calmement pour ceux qui ont loupé quelques épisodes.

Vous l’avez peut-être remarqué vous aussi, mais on approche de la fin du temps réglementaire de cette année 2019. C’est donc le moment de faire le bilan calmement pour ceux qui ont loupé quelques épisodes. 62 disques pour 52 semaines (on vous offre le supplément). Au programme, du jazz trafiqué, du hip-hop soulful, de la disco tropicale, des chansons psyché, du beatmaking élégant, de la soul vintage ou encore de l’exotica éclatée. Bref du porte-bonheur en boîte.

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SURPRISE CHEF – All News is Good News

Décidément, on a un truc avec l’Australie en ce moment. Après avoir succombé à la compilation du label Hopestreet Records, voilà qu’on tombe croc love de Surprise Chef. Et devinez quoi? Ces quatre types membres du collectif College Of Knowledge Records sont des proches de Karate Boogaloo, l’un des groupes phares de… Hopestreet Records. Le monde est petit. L’Australie est petite. Et nos amours sont plus cohérentes qu’un traité de Spinoza. Un crush, ça ne s’explique pas trop. Mais là, parce que c’est vous, parce que c’est nous, parce que c’est eux, on va essayer. Surprise Chef, c’est un mélange entre BadBadNotGood et El Michels Affair. À savoir, un groove instrumental porté par une basse enveloppante et biberonné aux boucles du hip-hop. Autour de ses quatre membres fondateurs, Surprise Chef a imaginé son album de baptême comme un banquet pour fans de soul seventies. (…Lire la suite…)

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EL KHAT – Saadia Jefferson

Au départ, on pourrait croire à un livre de la fameuse Collection Blanche de Gallimard. Une pochette dépouillée avec couleur crème et police rouge. Et puis Saadia Jefferson, ça claquerait pas mal comme nom d’écrivain. Mais non, ceci est bel et bien un disque. Et quel disque! Il sonne parfois comme si Tinariwen avait fusionné avec Beirut, c’est dire le vrai-faux grand écart qu’il accomplit avec la classe la plus décontractée. El Khat, c’est le groupe d’un charpentier-violoncelliste de Tel Aviv. Un type passé par le Jerusalem Andalucian Orchestra qui a décidé de construire lui-même ses instruments avec du bric, du broc et du brio, à savoir: des casseroles, des roues de vélo ou des bidons d’essence. Avec ce quartet, Eyal El Wahab part à la recherche de ses racines yéménites avec des musiciens venus de Pologne, du Maroc ou d’Iran. Autant dire que Saadia Jefferson a une belle gueule d’atmosphères. (…Lire la suite…)

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SKARBØ SKULEKORPS – Skarbø Skolekorps

Pile poil quelques jours après avoir fêté son dixième anniversaire à La Dynamo de Banlieues Bleues, le label Hubro nous balance un bijou de disque qui résume parfaitement son esprit défricheur. Dans Skarbø Skolekorps, on trouve de la folk boréale, du post-rock lumineux, de la country détraquée, du free scandinave, de la fanfare de poche, de la pop distinguée, de l’électro artisanale et bien sûr, du jazz de synthèse – et même, sur “Kadó”, une sorte de réjouissant hip-hop sans paroles. Et puis, on y trouve cet esprit de bande qui fait la force de tout bon label qui se respecte: imaginé par le batteur du groupe 1982 (Øyvind Skarbø), ce septet palpitant compte parmi ses membres la pianiste de Moskus (Anja Lauvdal et ses magnifiques solos faussement foutraques) ou le saxophoniste du Trondheim Jazz Orchestra (Eirik Hegdal et ses envolées diablement abrasives), mais aussi des éléments d’univers connexes comme le guitariste de Tonbruket. (…Lire la suite…)

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BRAHJA – Brahja

Dans la vie, il faut savoir remercier. Les mères, les psys et les poètes nous y encouragent. Dont acte: merci à Superfly Records de nous avoir appris l’existence de ce disque complètement dingue, obscur et réussi. S’il fallait lui trouver des ancêtres, ce serait Alice Coltrane, Ornette Coleman, Can, le Velvet Underground ou Sun Ra. S’il fallait lui trouver des contemporains, ce serait Shabaka Hutchings, Angel Bat Dawid, Palm Unit, Matana Roberts ou Ill Considered. Et si pour nous, il a comme la magie des premiers disques, ces oeuvres de baptême qui posent un être, des tripes et un univers, il n’est pourtant pas le fruit d’un jeune padawan sorti de nulle part. Si on creuse bien, on se rend compte que son multi-instrumentiste en chef, Devin Brahja Waldman, est pote/complice avec Thurston Moore, Patti Smith, Nadah El Shazly, James Brandon Lewis, Eric Chenaux, William Parker ou Godspeed You! Black Emperor. (…Lire la suite…)

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DANNY BROWN – uknowhatimsayin¿

Danny Brown a toujours dansé sur le fil qui sépare la joie et la tristesse, le bonheur et le dépression, l’arc-en-ciel et le noir&blanc, juste déjà dans son flow schizophrénique qui peut se faire droit comme un i ou parodique comme un clown, pur comme du Wu-Tang ou cartoonesque comme du Outkast . Il suffit de se souvenir du clip de l’incroyable mais inquiétant clip de “Ain’t It Funny” réalisé par Jonah Hill pour s’en convaincre. Pourtant, sur ses quatre premiers albums, le natif de Detroit avait plutôt allègrement balancé du côté obscur de sa personnalité. Son précédent LP s’appelait tout de même Atrocity Exhibition. Avec uknowhatimsayin¿, l’Américain retrouve clairement le sourire comme l’indique sa pochette colorée, vintage et taquine. Autre indice: sur le très réussi “Best Life”, il rappe sur un sample de “To Make You Happy” de Tommy McGee et déclare plein de stoïcisme: “Cause ain’t no next life, so now I’m tryna live my best life”. (…Lire la suite…)

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LOS PIRAÑAS – Historia Natural

Pour la pochette de leur troisième nouvel album, les Colombiens de Los Pirañas ont clairement cherché à réinventer les oeuvres les plus apocalyptiques de Jerome Bosch. Bordélique, ardente et tripante, la musique de cet Historia Natural compte, il est vrai, pas mal de points communs avec l’inclassable et inquiétant peintre hollandais du XVe siècle: il y en a dans tous les sens (à l’endroit, à l’envers et au contraire), il y a de l’humour effrayant et de la terreur joyeuse, il y a de la prophétie faussement kitsch dans l’affaire (tant leurs effets et leurs synthés ont quelque chose de futuriste mais dystopique). Tout se passe comme si le guitariste Eblis Alvarez, le bassiste Mario Galeano et le batteur Pedro Ojeda lançaient des pistes puis changeaient d’avis puis revenaient en arrière avant de repartir autre part. Tout en assumant tous ces va-et-vient. Figures-clés de la foisonnante nouvelle scène colombienne , le trio s’éclate à jouer faux, à jouer fort, à jouer fou. (…Lire la suite…)

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SAULT – IIIII

C’est le mystère qui agite les cervelles depuis plusieurs semaines. Non, non, pas Xavier Dupont de Ligonnès. Plutôt cette pochette sobre, noire et anonyme: mais qui donc se cache derrière ces allumettes? Ce qu’on sait, c’est que le groupe s’appelle Sault, qu’il vient d’Angleterre et qu’il est proche de la rappeuse Little Simz. Ce qu’on a appris en furetant sur les Internets, c’est que la tête pensante de ce projet s’appelle Dean Inflo 1st Josiah, qu’il a bossé pour Michael Kiwanuka, Max Jury ou Little Smiz (ceci explique cela) et que ce premier album est sorti en mai dernier sur le non moins mystérieux label Forever Living Originals où l’on retrouve Kid Sister et Cleo Sol qui font/sont les voix de ce disque (ceci explique cela, bis). L’autre certitude, c’est que ce 5, sorti en mai dernier en catimini sur les plateformes de streaming, commence sérieusement à faire parler de lui. A tel point qu’une sortie française en vinyle est prévue pour cette semaine. (…Lire la suite…)

JAIMIE BRANCH – Fly or Die II

Emouvant, fou, drôle, frondeur, effrayant, le nouvel album de la trompettiste Jaimie Branch est tout ça à la fois. Membre éminente et électrique de la très fertile scène de Chicago aux côtés de Makaya McCraven, Angel Bat Dawid, Resavoir ou Damon Locks, la jeune femme fait comme ses collègues en 2019: un chef-d’oeuvre. Sorti il y a à peine deux ans, le premier tome de son quartet Fly or Die nous avait déjà bien impressionnés par sa capacité à faire péter les digues du free jazz avec un esprit pop surtout pas putassier. Au contraire même: la pop selon Jaimie Branch est un terrain d’expérimentations comme un autre et si son free est classe, sa pop est punk. Son espace de jeu, c’est le terrain miné, d’où le blaze de son band, Vole ou Crève. Une devise qui rappelle le fameux « it’s better to burn out than to fade away » (« il vaut mieux brûler franchement que s’éteindre à petit feu ») de Neil Young. (…Lire la suite…)

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CHEICK TIDIANE SECK – Timbuktu, The Music of Randy Weston

Les albums-hommage, ça peut être chiant comme un match de l’équipe de France de rugby. Mais ça peut être aussi fou comme un Tottenham-Bayern en Champions League. Si Timbuktu, The Music of Randy Weston est intronisé disque de la semaine du Grigri, vous vous doutez bien qu’il penche plutôt du bon côté de la Force, celui qui fait plus rêver que somnoler. Et ce, pour plusieurs raisons qu’on va se faire un plaisir de lister parce qu’on aime les listes autant que les comparaisons sportives et les tournées générales: C’est le premier véritable hommage rendu à Randy Weston, immense pianiste pionnier des échanges entre jazz et musiques gnawa. Disparu il y a un an, l’homme a fait partie de ceux qui ont façonné le fameux spiritual jazz dont toute une génération se réclame aujourd’hui. (…Lire la suite…)

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SAMPA THE GREAT – The Return

C’est rare d’être adoubé par ses idoles, ses modèles, ses petits dieux personnels. Nous, par exemple, on attend toujours un signe de Gilles Peterson et Patrick Sébastien pour vraiment nous sentir légitimes de vivre et d’exister. Eh bien, Sampa The Great n’a pas ce problème puisqu’elle a été louée par Lauryn Hill et Kendrick Lamar. Ça tombe bien car son hip-hop surdoué se situe justement au carrefour de ces deux pôles. On en ajouterait même un troisième – si on peut se permettre (bon, c’est notre radio, on fait ce qu’on veut, mais toujours dans le respect d’autrui et de la langue française): dans le flow lumineux, chantant et parsemé d’accents ragga comme dans les références au rap des 90’s, on pense aussi parfois à Mos Def. Et allez, parce qu’on fait vraiment ce qu’on veut, on placerait même le nom d’Erykah Badu pour les séquences nu-soul bien placées. (…Lire la suite…)

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MONSTER RALLY – Adventures on the Floating Island

A la question à la con: quels disques emporterais-tu sur une île déserte? (car tout le monde sait très bien qu’il n’y a pas d’électricité sur une île déserte, il vaut donc mieux prendre avec soi des Kinder Bueno, des revues coquines ou des bières), le Californien Ted Feighan, alias Monster Rally, ne répond pas. Il préfère plutôt la contourner depuis plusieurs années. Adepte de la méthode fructueuse du collage (ou cut-up si on veut se la péter en citant William Burroughs), le garçon construit ses disques comme des patchworks à partir de samples tirés de sa propre collection de vinyles exotica. Résultat, sur la fameuse île déserte, il n’aurait besoin que de prendre ses propres albums, eux-mêmes best of de ses albums préférés. Malin le bougre. (…Lire la suite…)

ANA MAZZOTTI, THE ROOTS, BAROQUE JAZZ TRIO, HABIBI FUNK 011: AL HADAOUI

On sait que vous aimez quand on érafle les traditions. Alors on vous refait le coup du Disquaire Day en avril dernier: et si ces quatre disques sont certes sortis dans la lointaine galaxie du passé et des souvenirs, quatre beaux labels (Far Out Recordings, Geffen, Souffle Continu, Habibi Funk) ont judicieusement décidé des les ressusciter. Et comme ils n’ont pas pris une ride, on les élit haut la main rééditions de la semaine sur la radio porte-bonheur. Au programme, du funk gnawa, du hip-hop de légende, du jazz baroque à la Française et du jazz-soul à Brésilienne. Bref du Grigri sous toutes ses formes. (…Lire la suite…)

EBO TAYLOR – Palaver

Franchement, si personne ne nous avait dit que Palaver était un “album perdu”, on ne l’aurait jamais remarqué. De cette constatation, on peut tirer deux déductions: soit 1/ on est complètement débiles soit 2/ la musique d’Ebo Taylor est incroyablement intemporelle. Et comme l’hypothèse première ne nous arrange pas du tout, on va plutôt pencher pour la seconde – intuition confirmée par l’écoute des paroles de “Help Africa” qui pourraient avoir été écrites aujourd’hui. Enregistrés en 1980 avec sa garde rapprochée (George Amissah au saxophone ou Arthur Kennedy à la trompette), ces cinq titres du maître du highlife étaient restés cachés dans les archives du label nigérian Tabansi Records. Et si le Ghanéen ne se souvenait même plus de l’existence de ce disque, il a donné son accord au label anglais BBE Records pour sortir de manière tout à fait officielle ce petit chef-d’oeuvre de funk décontractée. (…Lire la suite…)

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NERIJA – Blume

Sorti en plein de milieu de l’été, ce premier album de Nérija n’a sans doute pas connu le retentissement qu’il méritait – difficile de se soucier de la nouveauté jazz quand on a les pieds dans l’eau et la tête en l’air; l’été, on préférer la certitude du tube à l’imprévisibilité de la découverte (on vous prête ces deux haïkus à l’occasion si vous en avez besoin). Et pourtant, ce Blume aurait eu fière allure dans une piscine bleue ou dans une voiture rouge. Car il est limpide, lumineux, aérien, coloré, rêvassant. Il faut dire que Nérija a des faux-airs de dream team du jazz anglais puisqu’on y retrouve notamment la guitariste de Maisha (Shirley Tetteh), la saxophoniste du SEED Ensemble (Cassie Kinosh), la trompettiste de Kokoroko (Sheila Maurice-Grey), la batteuse de l’Emma-Jean Thackray’s Walrus (Lizy Exell) ou encore la saxophoniste que tout le monde s’arrache, Nubya Garcia. (…Lire la suite…)

JAMBÚ, OJO BALINGO, PATRICE RUSHEN, GUTS, DIGITAL KABAR, AZYMUTH, VOULEZ-VOUS CHA-CHA ?, HARDE SMART, MIZIK SOLEY SA BON

D’ordinaire, on préfère mettre en avant des albums pensés comme des touts par des artistes toujours en activité. Mais pour une fois, on va déroger à cette règle militante pour saluer le magnifique travail de neuf compilateurs bien vivants et par là même de neuf labels vivifiants. Depuis des années, les Allemands d’Analog Africa, les Français de Heavenly Sweetness, Born Bad Records, InFiné et Atangana Records ainsi que les Anglais de Strut Records, Far Out Recordings et de BBE Records ou les Belges de Sdban Records dénichent des pépites de toutes époques et de tous pays. Gloire leur soit rendue par ces quelques lignes et cette semaine spéciale compilation sur la programmation du Grigri. (…Lire la suite…)

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ETHNIC HERITAGE ENSEMBLE – Be Known Ancient/Future/Music

Kahil El’Zabar, le gourou de l’Ethnic Heritage Ensemble qui s’affiche avec un look de détective privé sur sa pochette, est comme tous les gourous: il y a parfois une part de poudre aux yeux dans son travail. Pour le dire autrement: dans tout ce qu’il fait il y a autant de génie que de paresse. En fait, ce percussionniste touche-à-tout est au jazz de Chicago ce que Gus Van Sant est au cinéma de Seattle: un type capable d’un chef-d’oeuvre fascinant tout comme d’un ratage gênant. Avec Be Known Ancient/Future/Music, on est plutôt du côté Lumineux de la Force. Dans ce long voyage sous forme de messe chamanique, Kahil El’Zabar rend hommage à une partie des grands disparus de ces derniers mois: Randy Weston, Roy Hargrove, Cecil Taylor… Et ce qui aurait pu être glauque ou convenu se révèle totalement envoûtant. (…Lire la suite…)

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YBN CORDAE – The Lost Boy

YBN Cordae, c’est un peu le chaînon manquant entre Kendrick Lamar et Chance The Rapper. A tel point que sur ce premier album à la forte odeur de coup de maître, on retrouve un morceau qui ressemble beaucoup au “Humble“ (“Broke as Fuck”) du premier et un autre avec le second en featuring (“Bad Idea”). Mieux, The Lost Boy a même tout de l’album qu’aurait pu/dû faire Chance The Rapper s’il ne s’était pas planté sur The Big Day: du tube à gogo, de la mélodie en masse, un flow à la fois précis et lancinant, de la prod soignée au possible et même une petite envolée gospel (“Sweet Lawd”). De l’autre côté, les attentes et louanges que cumule le rappeur du Maryland rappellent beaucoup celles que connut le jeune Kendrick en son temps. Un exemple parmi d’autres? Dr. Dre s’est déclaré fan du garçon. (…Lire la suite…)

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RESAVOIR – Resavoir

À force, on va devoir investir nos économies (qui s’élèvent à environ trois francs, six sous) dans le label américain International Anthem. C’est simple, on est presque obligés de se retenir d’élire chacune de leurs nouvelles sorties “disque de la semaine” – sinon on ne passerait que du International Anthem sur Le Grigri. Damon Locks il y a un peu plus d’un mois, Angel Bat Dawid en début de saison, Makaya McCraven il y a un an: toutes les sorties de la firme de Chicago sont emballantes dans leur manière de claquer les fesses du jazz à petits coups d’électro, de hip-hop ou de gospel. Avec Resavoir, on tient d’ailleurs un disque qui synthétise bien l’esprit du label et, plus généralement, de la ville de Barack Obama: à mi-chemin entre le post-rock léché de Tortoise de Jeff Parker et le jazz biberonné au hip-hop de Makaya McCraven. (…Lire la suite…)

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FREDDIE GIBBS & MADLIB – Bandana

De João Gilberto, Miles Davis disait qu’il pourrait chanter l’annuaire téléphonique que ça sonnerait quand même du tonnerre. On pourrait dire la même chose de Madlib: ses prods sont si bien ficelées que même si Freddie Gibbs rappait des pages du dictionnaire, ça claquerait sa mère avec groove (cf. le génial sample de “Crime Pays” sur lequel les exégètes du Beat Konducta dissertent déjà). Avec Bandana, le duo réussit même à faire mieux que le déjà chaud bouillant Piñata. Comme si le second tome de ce qui s’annonce comme une trilogie (Freddie parle déjà à qui veut bien l’entendre d’une part 3 baptisée Montana) avait sorti la machinerie lourde grâce au succès de l’épisode 1 – même si Madlib, en bon crâneur tranquille, a confié avoir conçu tous ces beats sur… iPad! Il suffit pour s’en convaincre de voir la liste des invités XXL de ce Bandana: Mos Def, Black Thought de The Roots, (…Lire la suite…)

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KLEZMERSON – Tiferet

Tiferet, c’est l’histoire d’un big bang doublé d’un gang bang. Le tout, en tout bien, tout honneur. Pourquoi? Parce que ce groupe mexicain envoie du pâté en boomshakant des musiques latines, punk, surf ou klezmer. Le tout sur des compositions signées John Zorn en personne, l’un des premiers à avoir pensé le punklezmer si on peut se permettre ce petit mot-valise. Mené par le violoniste Benjamin Shwartz, Klezmerson compte d’ordinaire huit musiciens. Pour Tirefet, il passe en mode plaisir XXL avec dix invités de plus. Déjà en 2015, ils avaient frappé fort avec Amon, le 24e tome du fameux Book of Angels du compositeurs américain, une sorte de road-trip à la Breaking Bad sous influences moyen-orientales. Quatre ans plus tard, le fondateur du label Tzadik les a donc de nouveau convoqués. (…Lire la suite…)

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GEORGIA ANNE MULDROW – Wveto II

Dix-huitième album, dix-septième réussite. Georgia Anne Muldrow est comme Roger Federer: y a très peu déchet dans son jeu. Quelques mois à peine après la parenthèse r’n’b Overload, la Californienne revient à ce qu’elle aime le plus au monde: sculpter des prods instrumentales, cosmiques et expé, funk et hip-hop, lumineuses mais menaçantes, bien tarabiscotées et gravement inspirantes. D’ailleurs Vweto, le titre de cet album signifie gravité en swahili. Comme une manière de rappeler que la composition, c’est une chose sérieuse, c’est son beau souci, c’est l’affaire qui l’agite. Le gros truc qui lui permet de garder les pieds sur terre. Adoubée, admirée et révérée par une bonne légion de gens surpuissants (Mos Def, Madlib, Blood Orange, Flying Lotus, Ali Shaheed Muhammad d’A Tribe Called Quest…), l’Américaine fait partie de ces artistes qui ont la création maniaque. (…Lire la suite…)

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REGINALD OMAS MAMODE IV – Where we going?

Pour lui et rien que pour lui, on va être obligé d’inventer des nouveaux mots. Le salopiaud, il nous force à nous creuser les méninges. En plein été en plus. Car Reginald Omas Mamode IV hybride tellement de choses dans sa musique que les bon vieux termes de soul, de r’n’b ou de hip-hop semblent bien vieux et ternes pour décrire Where We Going? son premier disque sous son nom depuis le déjà bien métissé Children of Nu en 2017 – entre-temps il y avait eu le génial Omas Sextet déjà disque de la semaine du Grigri en son temps. Alors on pourrait parler de créolisation de la Great Black Music tant cet album propose une sorte de néo-soul beatmakée et surtout DIY (do it yourself) – puisque l’Anglais y joue de tous les instruments. Et puis aussi parce que ce disque se présente comme un trip à la recherche de ses racines mauriciennes. (…Lire la suite…)

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SEGAWA TATSUYA Pull.In Sai

Segawa Tatsuya. Ce nom ne vous dit sans doute rien si vous n’êtes pas familier de l’univers du regretté Nujabes. Souvent surnommé le J Dilla nippon et pas seulement en raison de leur date de naissance commune (le 7 février 1974), ce producteur et beatmaker jazzophile avait pour habitude de prendre Segawa Tatsuya pour ses premières parties sous le pseudo de Deeptuber (alias qu’on retrouve sur le fabuleux premier morceau du disque). Avec la complicité de deux autres proches de Nujabes et du label Hydeout Productions (Takumi Koizimi et Uyama Hiroto), Segawa Tatsuya a créé Roph Recordings pour défendre sa vision du jazz, gorgée de beats électro comme de breaks hip-hop (…Lire la suite…)

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ABSTRACT ORCHESTRA Madvillain Vol.2

Quand on est fan de Madvillainy (comme sans doute 93,4% des auditeurs et des membres du Grigri), on l’a tellement essoré qu’on est tout content de le réécouter à neuf. Grâce aux Anglais de l’Abstract Orchestra, ce fantasme devient réalité: c’est presque si on découvrait pour la première fois l’indépassable chef-d’oeuvre de MF DOOM et Madlib en 2004. 16-piece ensemble comme le dit la langue de Shakespeare de manière bien plus cool que notre français “orchestre de 16 musiciens”, ce big band de Leeds se fait plaisir en dynamitant à grands coups de cuivres et de flûtes les standards que sont “Meat Grinder”, “Figaro” ou “Rainbows”. (…Lire la suite…)

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YOUR OLD DROOG It Wasn’t Even Close

Petite remarque liminaire: c’est marrant de voir à quel point la pochette de ce troisième album de Your Old Droog ressemble à celle du premier LP de Joe Armon-Jones. Comme s’il y avait une communauté d’esprit entre la jeunesse du hip-hop US et la nouvelle vague du jazz londonien. Avec cette même idée de chambre mal rangée (c’est-à-dire sans hiérarchie): de Zappa dans les chiottes à King Kong à la télé, il n’y a qu’un pas. Mais aussi ces clins d’oeil vintage (un gramophone ou un ghetto blaster) ou autoréférencés avec le maillot YOD (pour Your Old Droog) flanqué du numéro 1 bien sûr ou cette coupure de journal avec pour titre: Your Old Droog is The Best. Et si le trentenaire américano-ukrnainien n’est pas encore le meilleur malgré ces éclats de méthode Coué, il s’en rapproche petit à petit avec It Wasn’t Even Close. (…Lire la suite…)

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DAMON LOCKS Where Future Unfolds

Quelle claque… On ne l’avait pas vu venir Where Future Unfolds. Et on n’est pas prêt de l’épuiser. Car imaginé par l’artiste de Chicago Damon Locks (celui-là même qui avait fait la pochette du Universal Beings de Makaya McCraven), ce disque monument ressemble à un film. Non pas à un biopic formaté, plutôt à une expérience activiste comme Godard savait si bien le faire à une époque (remember le One plus one / Sympathy for the devil avec les Stones et les Black Panthers). D’ailleurs, le garçon lui-même ne l’avait pas vu venir ce Black Monument Ensemble puisque le projet était à l’origine un solo fait de discours du mouvement des droits civiques et de collages électroniques. En novembre dernier, Damon Locks s’est entouré de musiciens (comme notre clarinettiste chicagoanne préférée, Angel Bat Dawid), de chanteurs et de danseurs. (…Lire la suite…)

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BRAD MEHLDAU Finding Gabriel

Il fallait bien que ça arrive un jour. Depuis le temps que Brad Mehldau clame sa passion pour Bach à tour de projets, il était écrit que le pianiste américain allait nous sortir un jour son oratorio de sa besace. Le voici, le voilà et il a une sacrée gueule d’atmosphère – tendance synthétique, jazz fusion et judéo-chrétienne. Et comme dans La Passion Selon Saint-Matthieu, il y a de l’émotion, de l’innovation, des contrechants, des contrepoints et des choeurs à gogo entonnés ici par des voix amies que sont Becca Stevens, Kurt Elling ou Gabriel Kahane. Mais à la différence de Jean Sebastian, Mehldau se sert de la Bible pour balancer de petits taquets politiques. Notamment à un fou de Dieu, de murs et de pistolets nommé Trump sur le survitaminé “The Prophet is A Fool”. (…Lire la suite…)

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THE MAUSKOVIC DANCE BAND The Mauskovic Dance Band

Il y a des disques comme ça, qui ont le don de vous télétransporter directement en été. Vous avez beau être entouré de pluie, de froid et de soucis, eh ben, non, ils s’en foutent, ils forment une sorte d’abri pour vous entretenir un micro-climat idéal – c’est-à-dire un été sans transpiration, sans guêpes et sans majoration sur les boissons. Le premier LP de The Mauskovic Dance Band, vous l’aurez compris, fait partie de cette catégorie. Il suffit de lire les titres des morceaux pour s’en convaincre: “Drinks By The Sea”, “Late Night People” ou “Alto In Vacanza”. À tel point qu’on a même eu envie de l’introniser disque de la semaine quelques jours avant sa sortie officielle (le 24 mai) sur le label Soundway Records, celui-là même qui héberge Felbm, les Meridian Brothers ou Dexter Story. (…Lire la suite…)

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WILMA VRITRA Burd

L’habit ne fait pas le moine. On nous le dit souvent, mais c’est quand on y est confronté qu’on saisit véritablement ce vénérable ode à la suspicion. Car derrière ce sympathique canard défoncé sur fond rose bonbon sucé se cache en réalité un disque au spleen enveloppant, aux productions mi-électro de jeux vidéo, mi-guitare de blues foutraque – parfois même presque jazz-fusion (sur “earnie”, “Over Girls”, “Black is The Beuaty” ou “Weather Machine”). Et puis, derrière ce nom de rappeur chelou – Wilma Vritra – se dissimule en fait un duo transatlantique qui a composé sa musique à grands coups d’allers-retours par mails: à notre gauche Wilma Archer, producteur et guitariste anglais; à notre droite Pyramid Vritra, ex-membre du très successful collectif californien Odd Future aux côtés de Tyler, The Creator, Earl Sweatshirt ou Frank Ocean. (…Lire la suite…)

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ALTIN GÜN Gece

Gece, ça signifie nuit en turc. Et avec un tel titre et une telle pochette quasi impressionniste (on dirait les heures qui précèdent le tableau de Monet, Impression Soleil Levant), on aurait pu croire qu’Altin Gün s’était lancé dans un disque atmosphérique. Eh bien, non, la nuit reste chaude et dansante pour ce groupe spécialiste en faux-semblants et autres effets d’optique. Car derrière cette version psychédélique de classiques de la musique populaire turque se cache en réalité un crew hollandais mené par le bassiste du chanteur de pop baroque, Jacco Gardner: répondant au doux nom de Jasper Verhulst, le garçon s’est pris d’amour pour le rock anatolien des années 70 et s’est mis en tête de le rejouer avec une fraîcheur contagieuse. (…Lire la suite…)

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CHOOSEY Black Beans

Il y a bien sûr cette pochette magique avec ce sosie de Poncherello de la série Chips. Choosey n’est pas le premier à sortir de ses archives une photo vintage. La clarinettiste Angel Bat Dawid vient de le faire sur son génial The Oracle. Il n’est pas non plus le seul à poser avec celui qu’on suppose être son paternel – de mémoire, Katerine l’avait fait sur son album éponyme en 2010. Mais là, le rappeur californien met beaucoup de symbole(s) dans cette photo. Car Black Beans célèbre l’entente africano-mexicano-américaine. Très actif dans la scène latin jazz de Los Angeles, papa Choosey a eu un rôle-clé dans le façonnage musical de son fiston. Pour lui rendre hommage, le MC de San Diego s’est ainsi allié au très soulful producteur Exile. Ensemble, ils sont volontairement allés puiser leurs boucles dans la musique qui a bercé la communauté chicano de Los Angeles. (…Lire la suite…)

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KELLY FINNIGAN The Tales People Tell

Il y a des tonnes de raisons pour faire de ce premier album solo du chanteur des Monophonics un disque de la semaine. Déjà, il y a une évidence: The Tales People Tell comporte dix chansons, dix potentiels tubes. Il est parfois cornélien de choisir quel(s) titre(s) va/vont passer sur Le Grigri: souvent on s’écharpe, on s’engueule, on s’étripe. Là, on a dû les choisir à chifoumi dans le plus grand des calmes. Seconde raison, la soul de Kelly Finnigan sent bon le vintage à sampler. On s’explique: ces orchestrations classieuses, ces breaks veloutés, ces montées de sève en mode préliminaires sereins, c’est typiquement sur ces bases que le Wu-Tang Clan (pour ne citer qu’eux, mais ils prennent une sacrée place dans nos références) a construit ses beats. Ça sent le savoir-faire des grands labels de l’Histoire de Stax à Hi Records, celui-là même qu’on retrouve chez Leon Michels évidemment. (…Lire la suite…)

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CANALON DE TIMBIQUI De Mar Y Rio

Décidément, on a un truc avec la Colombie au Grigri. Quelques jours après Pixvae, voici un nouveau disque venu du pays de Falcao et Botero – et le premier qui nous fait une blague sur la cocaïne, on l’oblige à regarder toutes les interventions du Président lors du Grand Débat d’affilée et sans se plaindre. Mais que voulez-vous? Il y a des peuples comme ça qui ont des âmes qui collent avec les nôtres. Bref, pour ceux qui ne connaissent pas Canalón de Timbiquí (comme nous il y a encore quelques semaines, on ne va pas vous mentir), c’est un groupe paritaire dirigé par la chanteuse Nidia Góngora, une proche du producteur colombophile Quantic, Connue pour avoir participé au projet Ondatropica, elle a fondé Canalón de Timbiquí en 2003 et gagné pas mal de prix depuis. (…Lire la suite…)

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HUIT RÉÉDITIONS POUR LE PRIX D’UNE

Alice Clark, Alice Clark

L’unique chef-d’oeuvre d’une soul woman américaine à la délicatesse bouleversante. Produit par Bob Shad, un modèle de groove de velours.

Michel Roques, Chorus

Trip complètement perché d’un saxophoniste aveugle élu meilleur musicien de l’année trois ans plus tôt. Du spiritual jazz à la française entrecoupé de vers mystiques.

Eumir Deodato, Os Catedráticos

Stakhanoviste du groove latin, le Brésilien arrangeur pour Sinatra, Jobim, Aretha ou Björk était à cette époque au top de sa forme. Du vrai-faux easy-listening fait pour kiffer la life.

Akira Ishikawa, Back To Rhythm

Vous cherchiez un batteur japonais qui reprend en mode funk-soul des standards de Bob Marley, des Beatles ou de Stevie Wonder? Le voilà et ça décoiffe/dépote/défrise (au choix, selon son capital capillaire).

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CSABA PALOTAÏ Antiquity

Quand on a créé Le Grigri il y a un peu plus de neuf mois, on voulait évidemment prendre des gens comme Christian Scott ou The Comet is Coming comme trampolines. Mais on voulait aussi et surtout servir de trampoline pour des artistes moins connus, des musicien(ne)s qui aiment bien l’ombre, des personnalités qui n’ont pas l’habitude de faire la une des magazines/webzines. Complice d’Emily Loizeau, Thomas de Pourquery ou John Parish, le Hongrois Csaba Palotaï tombe pile poil dans cette catégorie d’outsider magnifique. Voilà des années qu’il enchaîne les grands albums à la mélancolie cabossée sans recevoir la reconnaissance qu’il mérite. La preuve encore avec ce splendide Antiquity sorti en quasi catimini il y a quelques semaines déjà. (…Lire la suite…)

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CHRISTIAN SCOTT Ancestral Recall

Point de préliminaires: Ancestral Recall est un putain de chef-d’oeuvre, le meilleur disque de Christian Scott de toute sa vie. Le meilleur disque de l’année jazz. Et sans doute le meilleur disque de l’histoire des disques de la semaine du Grigri (bon, là, on risque de se faire engueuler, mais vous savez ce que c’est le lundi, hein, il faut se réveiller à coup de vodka ou d’hyperbole, et l’hyperbole c’est moins cher et moins douloureux sur le moyen terme). Il y a cinqu raisons à cet enthousiasme.

1/C’est le printemps et nos hormones nous font croire que l’hiver est un mauvais souvenir.

2/ Le trompettiste américain fait partie de cette rare caste de gens qui, en changeant de nom, ont bonifié leur musique (pensez à Prince, Christine and The Queens ou Puff Daddy et transpirez à grosses gouttes). Lui, depuis qu’il se fait appeler Christian Scott aTunde Adjuah, chaque album rend ringard le précédent.

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THE COMET IS COMING TRUST IN THE LIFEFORCE OF THE DEEP MYSTERY

S’il y a bien un mot qui convient à The Comet is Coming, c’est bien celui de trip. Déjà, parce qu’on peut dire que c’est le trip jazz-électro (voire électro-jazz même) du saxophoniste-clé de la scène anglaise, Shabaka Hutchings, avec le duo Soccer 96 (Dan Leavers et Max Hallett). Et puis parce que cette musique appelle aux trips en tous genres. Elle peut donner envie de se droguer comme de danser, de danser et de se droguer, de droguer puis de danser, de danser en se droguant, de se droguer en dansant. De danser mais de dire non à la drogue, de se droguer mais de dire non à la danse. Car malgré son enrobage synthétique à mi-chemin entre le krautrock le plus old school et le dubstep le plus poisseux, la musique de The Comet is Coming peut s’écouter assis, se méditer couché ou se réfléchir debout. (…Lire la suite…)

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ELAQUENT Blessing In Disguise

Elaquent ne le cache pas. Il est fan de J Dilla et Madlib. Il suffit de le suivre sur Facebook ou Twitter pour s’en rendre compte. On avait aussi un petit indice avec le header de sa page Bandcamp de son nouvel album: une photo de ses doigts manipulant le fameux sampleur Roland SP-404SX. Un geste qui signe presque comme un signe d’appartenance à un gang – pacifique mais fameux -, celui des beatmakers old school qui aiment les boucles de jazz et les expériences de groove (ou les grooves d’expérience, c’est au choix). Ce n’est donc pas étonnant de voir le Canadien intégrer Mello Music, l’une des maisons hôtes de ce type de hip-hop (cf. Oddisee ou L’Orange). Comme d’habitude, le garçon nous délivre une suite de mélodies impeccables. (…Lire la suite…)

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SOULEANCE Tribute To Galt MacDermot

Très franchement, de ce disque, on aurait juste envie de dire: appuyez sur play et kiffez. Mais ce serait bête et paresseux car en plus de proposer vingt tracks imparables de beatmaking mélodique et de groove serein, cet album disponible à prix libre sur Bandcamp ne propose pas que de la (bonne) musique, c’est aussi une sorte d’oraison funèbre spontanée, amoureuse, cultivée à un Canadien qui vaut de l’or. Une sorte de biopic inventif (car totalement subjectif et non platement chronologique) pour célébrer la mémoire d »un musicien que tout le monde connaît, même sans le savoir. Disparu en décembre dernier (à peine quelques heures avant de souffler sa 90e bougie), Galt McDermot a notamment composé la fameuse comédie musicale Hair. Mais il a aussi et surtout été une source d’inspiration et de sampling infini pour tous les beatmakers du monde entier, à commencer par le deux plus célèbres d’entre eux, J Dilla et Madlib. (…Lire la suite…)

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FIDEL FOURNEYRON ¿ Que Vola ?

Second disque de la semaine en un peu plus de six mois pour Fidel Fourneyron (la dernière fois c’était en juin avec Animal). Le tromboniste français fait péter les records de précocité et peut clairement s’asseoir à la table de Kylian Mbappé et lui dire, yeux dans les yeux: “mec c’est moi le chouchou du Grigri”. D’autant que ce ¿Que Vola? a réussi l’exploit de faire l’unanimité au sein du comité d’écoute du Grigri, cette dizaine d’oreilles amies et passionnées qui nous aident chaque semaine à choisir le meilleur du meilleur pour nourrir cette radio vorace en découvertes. Et sincèrement, ça n’arrive pas si souvent que ça. Peut-être parce que ce projet transatlantique parvient à allier, comme si de rien n’était, tradition et innovation, réflexion et vibration, ambition et abnégation. (…Lire la suite…)

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SWINDLE No More Normal

Swindle, ça veut dire escroquerie en anglais. Bon, no stress, c’est aussi le mot que nos amis d’outre-Manche pour parler d’une technique aux échecs qui consiste à mimer l’erreur pour piéger son adversaire. Et l’art du faux-semblant, c’est tout ce que développe ce producteur londonien depuis 2010 et son premier EP Who Said Funk. Car le garçon s’amuse clairement à brouiller les cartes avec la joie du gosse qui lance des fausses pistes quand il joue à cache-cache. Par exemple en 2013, quand il clamait son amour pour le jazz dans Long Live The Jazz, il accouchait en réalité d’un opus electro-dubstep-funk. Producteur hip-hop tendance grime, Swindle fait tout simplement ce qu’il veut quand il veut où il veut. Et c’est aussi pour ça que son premier véritable album pour le label Brownswood nous a tellement accrochés. (…Lire la suite…)

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OF TROPIQUE La Palma

Ce disque, on l’a découvert par hasard sur Bandcamp comme on découvre une bouteille à la mer. Depuis, on ne pense qu’à lui, nuit et jour, jour et nuit. Comme il nous obsédait et qu’on ne savait rien sur lui, on a envoyé un message à ce mystérieux groupe. On a ainsi appris qu’ils étaient Japonais, aimaient Captain Beefheart, Johnathan Richman ou Hector Zazou, ne venaient pas du tout de la culture latine (ils traînent dans le post-rock, le rocksteady ou le jazz), mais avaient décidé de s’assembler à sept pour fantasmer une tropical music délicieusement foutraque. S’ils s’appellent of Tropique, c’est à cause de Of Montreal., le groupe américain que leur clarinettiste en chef, Teppei Kondo, vénère par dessus tout. (…Lire la suite…)

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TOMMY GUERRERO Road To Knowhere

Ex-skateur professionnel, Tommy Guerrero a choisi de se lancer dans la musique il y a vingt ans. Et au lieu de s’enfermer dans telle ou telle esthétique proche de son ancien sport, le garçon a choisi de bricoler ses albums tout seul sans soucier des genres. Il y a vingt ans, c’était osé. Aujourd’hui, c’est devenu la norme. Mais l’Américain a du coup une longueur d’avance sur tous les autres artisans d’exotica music. Avec ce Road To Knowhere et son jeu de mots proche de l’univers Marvel, il confirme qu’il sait très bien où il va: dans un monde instrumental où la mélodie et la guitare sont reines. Comme nous sommes des Terriens (presque) comme les autres et que nous savons que les Terriens sont friands de punchlines comme les moustiques d’hémoglobine. (…Lire la suite…)

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NAÏSSAM JALAL Quest of The Invisible

Quest of The Invisible, c’est le genre d’album que l’on écoute en retenant son souffle. Car il joue tellement avec les grands silences, les doux frottements et les points de suspension qu’on aurait peur de l’abîmer en respirant trop fort. Rien que d’en parler, on se sent déjà impie – tant le disque se plaît à tourner autour de l’indicible et des notions de temps, de songe ou de prière. Ça faisait un petit bout de temps qu’on sentait qu’il coulait dans les veines de Naïssam Jalal l’ADN d’un chef-d’oeuvre. Avec ce double album en trio (voire en quartet avec la présence de l’immense batteur Hamid Drake sur quelques titres), la flûtiste franco-syrienne sort le grand jeu du minimalisme habité. Gorgé de spiritual jazz ou de musiques mystiques indiennes ou arabes, Quest of The Invisible est un splendide disque. (…Lire la suite…)

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KASSA OVERALL Go Get Ice Cream and Listen To Jazz

Allez hop le game est plié. Voici d’ores et déjà le meilleur titre de l’année dans la catégorie jazz-hip-hop: chopez vous une glace et allez écouter du jazz invite Kassa Overall. On dirait Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, qui invite ses détracteurs à aller prendre un café et lui lâcher les baskets. Bref, on dirait une manière de dire: “ne me cassez pas les couilles avec le fait de savoir si ce que je fais est du jazz pas du jazz, du hip-hop, pas du hip-hop, de bidule ou du machin: je fais ma musique et je vous invite à prendre une grande respiration et me laisser tranquille si ça ne vous plait pas ». Bon, sans doute qu’on extrapole un poil (mais la vie vaut-elle d’être vécue sans extrapolation?), mais on sait, on sent, on soupèse qu’il y a du vrai. Et puis cet album a plein d’autres qualités: une pochette bien classe qui évoque les couleurs du Grigri (il n’y a pas de hasard dans le royaume du bon goût) , des invités cinq étoiles. (…Lire la suite…)

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COCHEMEA All My Relations

Ce fut comme une apparition. Dès la première note de All My Relations, on a compris que ce disque allait nous accompagner longtemps. Et pas comme un chewing-gum sous un basket dans une rue mal léchée. Non plutôt comme un ami avec lequel on peut dialoguer, rêver et s’exclamer. Second album solo du saxophoniste des Dap-Kings (le groupe du label Daptone qui a porté aux sommets la regrettée Sharon Jones), All My Relations explore les racines amérindiennes de Cochemea Gastelum, un type dont le prénom signifie “ils se sont fait tuer dans leur sommeil” – on est prévenus. Disque de spiritual jazz dans le sens le plus profond du terme (“Asatoma” ressemble à une prière tandis que “All My Relations” résonne comme une cérémonie immémoriale), ce recueil de dix pièces mi-groove mi-psyché a une sacrée gueule de coup de coeur. (…Lire la suite…)

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SERGE TEYSSOT-GAY & KHALED ALJARAMANI Kan Ya Ma Kan

Ça faisait de plus de cinq ans que ce duo n’avait plus rien sorti. Et quand on écoute Kan Ya Ma Kan, on se dit que c’est à la fois dommage et salvateur. Dommage car le disque est d’une telle beauté, d’une telle intensité, d’une telle spiritualité qu’on aurait aimé avoir plus souvent des nouvelles de Serge Teyssot-Gay & Khaled Aljaramani. Mais de l’autre côté, c’est sans doute aussi parce que leur rencontre est rare qu’elle est aussi précieuse. D’autant que toute la philosophie de ce Kan Ya Ma Kan se construit sur le minimalisme, le less is more, le sobre – ce n’est pas un hasard s’ils reprennent ici le maître du genre, Erik Satie. Dialogue de cordes entre la guitare électrique et le oud, Interzone a toujours cherché à construire un monde qui transcende. (…Lire la suite…)

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Malgré le nom, ça ne vient pas du Japon mais d’Écosse ! Mais pas d’inquiétude ce collectif de 8 musiciens autodidactes n’a rien d’une contrefaçon. C’est un mix réjouissant entre d’un côté l’énergie de la scène UK Jazz et de l’autre un fort penchant psychédélique. Du très bon pour un premier essai.

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Homeboy Sandman trône toujours à la table du rap underground. Sur son nouvel opus « Rich II », ça tire des hommages à Bobby Byrd, J.B, Eric B. & Rakim, ça s’offre sur de terribles slaps de basse funk et ça swingue même comme Sinatra…

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