[MIX] Les bim bam bom de João Gilberto

Photo : Paulo Leite / Estadão

Photo : Paulo Leite / Estadão

Le père de la bossa nova est mort le 6 juillet mais on voulait prendre notre temps pour lui rendre hommage. Rendez-vous ce soir à 18H pour un mix spécial dédié à son art inimitable de l’onomatopée. De “Bim Bom” à “Ho-Ba-La-La”, plongée dans le monde des bruits qui font sens.

“Melhor do que isso só mesmo o silêncio / E melhor do que o silêncio só João” chantait Caetano Veloso dans le morceau de clôture de son génial Livros. Traduction: dans la hiérarchie des valeurs, le silence trône tout en haut. Et seul João Gilberto peut prétendre à tutoyer son règne. Il faut dire que celui qui est unanimement considéré comme le père de la bossa nova n’avait pas son pareil pour murmurer une chanson. Souvent imité, jamais égalé, le Brésilien avait ce qu’on appelle tout simplement la classe. Le genre de type qui arrive et qui calme tout le monde. Et pas en haussant le ton, en criant ou en faisant péter les décibels. Non, le respect et l’admiration, il les provoquait en chuchotant ses mots, comme s’il chantai plus pour lui-même que pour les autres. Le meilleur moyen de convoquer la silence comme on convoque Dieu dans une prière.

Parfois même, il ne les prononçait même pas ses paroles. Rarement interprète n’aura autant magnifié l’art délicat de l’onomatopée, ce son à mi-chemin entre le tout et le rien, la raison et la folie, le mot et la chose. À l’image du célébrissimme “The Girl From Ipanema” avec Stan Getz où il débute par cette mise en bouche non verbale, João Gilberto a développé son scat à lui: un scat qui lui ressemble, minimaliste et sophistiqué. De “Tin Tin Por Tin Tin” à “Ho-Ba-La-La” en passant par le déconcertant “Undiu” ou le collectif “Cordeira de Nana”, Le Grigri a sélectionné quelques-uns de ces grands moments de bim bam boum. Rendez-vous à 18H sur la radio porte-bonheur pour ce mix spécial onomatopées du géant brésilien.