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Azymuth, Ali Shaheed Muhammad & Adrian Younge

Azymuth JID004, disque de la semaine du Grigri du 19/10 au 25/10


Azymuth JID004 (Jazz Is Dead)

Jazz is Dead, c’est un label, mais c’est bien plus que ça. C’est 1/un slogan provocateur, 2/une cour de re-création, 3/une véritable série en plusieurs épisodes. Car ses deux fondateurs, l’ex-A Tribe Called Quest Ali Shaheed Muhammad et le très vintage producteur californien Adrian Younge 1/cherchent justement à montrer que le jazz est loin d’être mort et que leur amour pour cette musique est immortel 2/s’amusent à jouer avec leurs idoles et à créer des liens entre passé, présent et futur 3/enchaînent les sorties à un rythme effréné: un tome 1 sous forme de best of/teaser en mars dernier, un épisode 2 avec Roy Ayers en juin, un numéro 3 avec Marcos Valle en août. Et voilà donc que débarque le JID004 en ce mois d’octobre-couvre-feu avec le légendaire trio brésilien Azymuth fondé en 1972.

Après la disparition en 2012 du clavier-clé du trio, José Roberto Bertrami, le batteur Ivan « Mamāo » Conti et le bassiste Alex Malheiros étaient allés chercher Kiko Continentinho pour continuer l’aventure et sortir en 2016 Fênix chez les Anglais de Far Out Recordings. Un disque qui avait plein de charme(s) et de qualité(s) mais qui manquait d’aspérités. Quatre ans plus tard, elles sont bien là ces fêlures qui laissent passer la lumière pour reprendre la célèbre métaphore de Leonard Cohen. L’exemple le plus frappant, c’est le morceau “Apocalíptico” et ses quasi dix minutes de magie noire: un peu comme si le Bitches Brew de Miles Davis avait été capté dans la forêt amazonienne.

On retrouve l’inimitable patte Azymuth: un groove imparable, teinté de samba douce, de funk sinueuse et de psychédélisme tranquille. Une sorte de vision de paradis tropical.

Les saisissants “Cat Jump”, “Sumaré” ou encore “A Redor do Samba” ne font que confirmer le feeling: la paire Ali Shaheed Muhammad-Adrian Younge a vraiment apporté un vernis sonore vivifiant au trio brésilien. Que ce soit par leurs solos de saxophone, par leur prise de son au studio de Los Angeles Linar Labs ou par leurs arrangements de flûtes ou de guitares électriques, le binôme a clairement titillé le trio à l’âme. Pour le reste, on retrouve l’inimitable patte Azymuth: un groove imparable, teinté de samba douce, de funk sinueuse et de psychédélisme tranquille. Une sorte de vision de paradis tropical (notamment sur le final “Quiet Storm”, le genre de morceau dans lequel on sent qu’il ferait bon vivre).

Il n’est pas toujours facile de jouer avec ses idoles, avec ceux qui vous ont aidé à fonder votre son et votre imaginaire musical – on n’avait pas trouvé Ali Shaheed Muhammad-Adrian Younge très inspirés par leur collaboration liminaire avec Roy Ayers. Mais là, avec Azymuth, le binôme de Jazz is Dead réussit une masterclass: il s’insère dans le trio comme si de rien n’était pour donner l’impression que le groupe est à présent un quintet. Et si c’était vrai? Et si Azymuth adoptait définitivement ces deux enfants surdoués de la prod californienne? Ce serait la plus belle famille recomposée de 2020.

Mathieu

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