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À la découverte du Dirty South

Le Grigri vous offre un voyage dans la moiteur du sud des Etats-Unis, à la recherche de cette scène rap, coincée trop longtemps entre East et West Coast : le Dirty South.

Le Grigri vous offre un voyage dans la moiteur du sud des Etats-Unis, à la recherche de cette scène rap, coincée trop longtemps entre East et West Coast mais de laquelle a émergé un tout nouveau son à la fin des années 80 : le Dirty South. Et parce que vous le méritez bien, vous aurez une émission plus un article !

“3-2” a les yeux qui piquent à cause de la fumée

“3-2” a les yeux qui piquent à cause de la fumée

Dirty South est à l’origine un morceau du groupe d’Atlanta Goodie Mob mais désigne aussi la scène rap du Sud des Etats-Unis. Apparue dès la fin des années 80, elle a été longtemps déconsidérée car prise en étau entre les deux gros pôles hip-hop : New York avec le son East Coast et Los Angeles avec le Gangsta rap.

Et pourtant, elle a tracé son chemin patiemment tout le long des 90’s en créant un rap innovant en mélangeant gospel, delta blues, soul sudiste et funk moite. Les lyrics relatent le plus souvent le mode de vie gangsta mais aussi le quotidien dans les ghettos noirs. Chaque ville voit apparaitre un son différent : Houston avec son country rap, Memphis et son rap horrifique : l’horrocore, Atlanta et son funk extraterrestre… 

Tous ces talents aboutiront au milieu des années 2000 à la domination du rap sudiste par la trap music et Atlanta devient la capitale du hip hop jusqu’à encore aujourd’hui. Ce mix, concentré surtout dans les 90’s, propose une porte d’entrée pour découvrir cette scène passionnante qui a posé beaucoup de jalons dans l’histoire du hip-hop.

Mix commenté

1-    UGK « It’s Supposed To Bubble », Super Tight

Duo emblématique de Houston, Pimp C et Bun B ont façonné le son rap du sud en injectant un mélange de rock, blues et funk typiquement texan. Pimp C est aux commandes des instrus et n’hésite pas à faire appel à des vrais musiciens, ce qui était assez courant dans le rap sudiste mais encore une curiosité ailleurs pour l’époque. On vous conseille l’album Super Tight, où le guitariste de The Meters joue sur certains titres, et le génial Ridin Dirty, un des albums les plus aboutis de cette scène.

2-    E.S.G. « Swangin’ & Bangin’ », Ocean of Funk 

On reste à Houston avec le rapper E.S.G. et son banger au funk suave avec ce petit sifflement qui nous reste dans la tête. La pochette est réalisée par Pen & Pixel, agence de graphisme qui réalisera des centaines de pochettes de rap sudiste. Elle développera un univers totalement bling-bling et délicieusement kitsch. Checker les pochettes de Big Bear Doin’ Thangs ou B.G Chopper City in the Ghetto pour voir le délire !

3-    Outkast « Claimin True » Southernplayalisticadillacmuzik 

Pas la peine de présenter le duo d’Atlanta, ici c’est un morceau de leur premier album empreint totalement des influences sudistes : soul, blues, P-Funk. Entièrement produit par leurs comparses d’Organized Noize, il a remporté à l’époque le Best Newcomer Award donné par le magazine hip-hop de référence The Source ce qui fût très mal accueilli. Andre3000 répondra « The South got somethin’ to say « , une prophétie quand on voit l’influence du Sud sur le rap actuel.

4-    8Ball & MJG « Space Age pimpin’ » On Top of The World

Autre duo très important originaire de Memphis, 8Ball & MJG sortent leur premier album dès 1991. Mais c’est leur collaboration au milieu des années 90’s avec le label emblématique Suave House Records qui leur donnera un statut de poids lourds du Dirty South. Space Age pimpin est un de leurs tubes où sur une instru magnifique et très douce, les deux MCs nous distillent leur histoire de … pimp. Car oui, il y a beaucoup d’histoires de pimp dans le rap sudiste.

5-    Big Mike «Havin’ Thangs » Somethin’ Serious

Ce titre du rapper Big Mike est un bel exemple d’instru « country rap tunes » bien poisseuse de Pimp C (appellation inventée par lui-même). Il en aura produit d’autres pour le rap sudiste tout le long de sa carrière et il a su imposer sa marque sur cette scène jusqu’à sa disparition tragique en 2007 à cause d’un abus de purple drank. Une boisson à la couleur violette mélangeant drogue codéinée et soda, très populaire mais qui a fait des ravages dans la scène rap.

6-    Big Mello « Mac’s Drive ‘Lac’s » Born Hard Zaggin 

Ah la la quel morceau imparable avec ce groove bancal et ce refrain irrésistible où ça chante faux et on a envie aussi de chanter faux ce « Mac drive Lac’s » ! Extrait du premier album du rapper texan Big Mello, sorti sur Rap-A Lot records qui est certainement le label le plus important du rap sudiste. Créé par J.prince à la fin des années 80, il a su mettre au-devant de la scène des artistes comme The Geto Boys ou Devin The Dude grâce à son flair artistique et un gros sens du business.

7-    Lil Wayne « Shooter » Tha Carter II

Le natif de la Nouvelle Orléans a commencé sa carrière à 13 ans, il a gagné ensuite en popularité avec la série Tha Carter dans les années 2000 jusqu’à devenir une superstar avec le troisième volet et le tube A Milli. On a tendance à sous-estimer l’impact qu’a eu le style dingue et le flow débridé de Lil Wayne mais il a influencé toute une génération de MCs par la suite. Shooter, extrait du magnifique Tha Carter II, en est la parfaite démonstration avec une production signée par le chanteur Robin Thicke.

8-    Devin the Dude « I Can’t Quit » The Dude

Voilà un MC totalement atypique de la scène sudiste. Contrairement à la plupart de ces collègues qui balancent des paroles gangsta, lui se concentre principalement sur un thème… la fumette ! Son flow est unique : décontracté, je-m’en-foutisme et irrévérencieux. Pour caricaturer, une sorte de Snoop Dogg du sud. Malgré sa discrète carrière, il a livré de belles pépites comme son premier album intitulé sobrement « The Dude » d’où est extrait « I Can’t Quit ».

9-    Scarface « Goin’Down » The Diary

C’est le poids lourd de la scène sudiste. Son parcours parle pour lui : il débute à 18 ans au sein du supergroupe The Geto Boys, il enchaine par des albums solos exemplaires, il a croisé le microphone avec 2Pac, Nas, Dr. Dre, a bossé sur des instrus avec Mike Dean (le principal collaborateur de Kanye West actuellement). Bref un CV XXL qui fait de lui un des meilleurs MCs de l’histoire. 

10- Big K.R.I.T « Porchlight » Live From The Underground 

Apparu au milieu des années 2000, le rapper originaire du Mississippi est le digne héritier de toute cette scène. A la fois derrière le micro et les machines, il a digéré toutes les facettes de rap sudiste : les country rap tune à la Pimp C, le tube pour les strip clubs, influences bluesy et gospel… On retrouve beaucoup de featurings des anciens sur ces albums comme une sorte de passage de témoin.

11- The Geto Boys « Damn I Feels Good To be a Gangster » Uncut Dope : Geto Boys’ Best 

The Geto Boys est le groupe phare des années 90. Créé par le boss de Rap-a-Lot Records J Prince, il a connu plusieurs changements de casting mais la période emblématique reste celle où il y avait Scarface, Willie D, DJ Ready Red et Bushwick Bill. Avec leurs paroles hardcore et gangsta, il est une sorte de NWA du sud comme une réponse au gangsta rap californien. Le succès de leur second album en 1989 donnera les premières lettres de noblesse au dirty south.

12-  Spank Rock « Screwville » Yoyoyoyo 

Le DJ le plus emblématique du sud des États-Unis se nomme DJ Screw. Il est l’inventeur du remix « Screwed & chopped » qui consiste à ralentir le rythme d’un morceau et à « hacher » certaines parties pour les faire se répéter quelques secondes. Des centaines d’albums de rap ont été remixés avec cette technique et elle a même été utilisée par des stars comme Drake et Future. On termine ce mix avec ce bel hommage et exemple parfait de morceau «Screw » par l’artiste de Baltimore Spank Rock.

Pour écouter le Mix Spécial Dirty South, c’est ici

UGK

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Antoine Dayon 

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Malgré le nom, ça ne vient pas du Japon mais d’Écosse! Mais pas d’inquiétude ce collectif de 8 musiciens autodidactes n’a rien d’une contrefaçon. C’est un mix réjouissant entre d’un côté l’énergie de la scène UK Jazz et de l’autre un fort penchant psychédélique. Du très bon pour un premier essai.

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Homeboy Sandman trône toujours à la table du rap underground. Sur son nouvel opus « Rich II », ça tire des hommages à Bobby Byrd, J.B, Eric B. & Rakim, ça s’offre sur de terribles slaps de basse funk et ça swingue même comme Sinatra…

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