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Menahan Street Band

The Exciting Sounds of Menahan Street Band, disque de la semaine du Grigri du 01/03 au 07/03


The Exciting Sounds of Menahan Street Band (Daptone Records)

Ils ne sont pas nombreux les artistes des années 2000 à avoir été samplés à gogo. D’ordinaire, c’est davantage dans les bacs sixties, seventies ou eighties que les producteurs de hip-hop aiment fureter. Mais le Menahan Street Band n’est pas vraiment un groupe comme les autres. Sorte de dream team de la maison Daptone, le label référence de la soul vintage made in Brooklyn, il rassemble des types qui maîtrisent à merveille l’âme des années 70. Et pour cause: on y trouve au saxophone et à l’orgue le Leon Michels de El Michels Affair ou encore Thomas Brenneck de The Budos Band à la guitare et aux claviers, mais aussi des membres des bands de Sharon Jones, Lee Fields ou The Black Keys: Nick Movshon (basse, batterie), Homer Steinweiss (batterie) ou Davie Guy (trompette).

Résultat, c’est même par un sample que la carrière du Menahan Street Band a été lancée. En 2007, alors que le groupe vient de sortir “Make The Road By Walking” un premier EP sans prétention, Jay-Z s’en sert comme base pour son tube “Roc Boys (And the Winner Is)”. Grâce aux royalties engrangées, la bande à Thomas Brenneck s’offre alors un studio tout nouveau tout beau pour enregistrer son premier album quelques mois plus tard. Dans la suite du mari de Beyoncé, une pluie de rappeurs se met ainsi à piocher dans la discographie des New-Yorkais pour sculpter ses prods: Eminem, Kid Cudi, 50 Cent, Usher ou encore Westside Gunn. Un tableau de chasse qui ne manque pas d’allure.

Menahan Street Band semble vouloir s’encanailler avec ce troisième album (…) à l’image du bien nommé “Cabin Fever”, de l’irrésistible “Midnight Morning” ou de l’enveloppant “Stepping Through Shadows” qui sonne comme si Angelo Badalamenti et Ennio Morricone étaient une seule et même personne

Pourtant, en quinze années d’existence, le Menahan Street Band s’est fait bien plus discret qu’omniprésent. Leur dernier album en date, The Crossing, était sorti en… 2012! Il faut dire qu’avec leurs différents projets, les cinq Américains avaient un emploi du temps plutôt chargé. Et puis, ils ont longtemps accompagné en tournée l’intense soulman Charles Bradley jusqu’à sa disparition en 2017. C’est donc un petit événement de les voir revenir en cette année 2021 avec un troisième album au titre aussi délibérément kitsch que gentiment prétentieux. Un titre qui rappelle beaucoup le vocabulaire de l’exotica: The Exciting Sounds of Menahan Street Band. Une impression exacerbée par la pochette sensuelle signée par celle que le magazine L’Officiel a surnommée “La pythie de Pasadena”, Ariana Papademetropoulos. Tout un programme.

Mais cette pochette n’est pas anodine. Car par rapport à ses deux premiers disques aux visuels très sages, le Menahan Street Band semble vouloir s’encanailler avec ce troisième album. Et pour un groupe vintage comme eux, s’encanailler, ça signifie s’échapper petit à petit des codes de la soul organique pour s’aventurer sur des terres plus synthétiques que par le passé à l’image du bien nommé “Cabin Fever”, de l’irrésistible “Midnight Morning” ou de l’enveloppant “Stepping Through Shadows” qui sonne comme si Angelo Badalamenti et Ennio Morricone étaient une seule et même personne.

On valide donc à 200% le nom de baptême de ce disque: ultra cinématographique et traversée par des accents trip-hop (“Rainy Day Lady”) ou afrobeat (“Snow Daye”), la soul instrumentale de Menahan Street Band ne ment pas sur la marchandise: elle est plurielle et excitante. The Exciting Sounds of Menahan Street Band, c’est quatorze titres et autant de gâteries et galipettes certifiées covid-free.

Mathieu

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