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Jeremy Cunningham

The Weather Up There, disque de la semaine du Grigri du 16/03 au 22/03

Batteur omniprésent sur la scène de Chicago (le magnifique projet Resavoir l’an dernier, c’était lui), Jeremy Cunningham n’a pas encore la réputation de son confrère Makaya McCraven, même s’ils ont tous deux joué avec les figures que sont Jeff Parker ou Marquis Hill. Mais avec cet album baptisé The Weather Up There, il a peut-être réalisé son In The Moment à lui, à savoir le disque qui va faire circuler son nom aux quatre coins du monde. A un détail près et il est de taille: Makaya McCraven avait imaginé son fameux disque d’auto-collages comme une oeuvre de re-création quasi ludique. Pour Jeremy Cunningham, c’est une toute autre histoire, bien plus tragique. Et pour cause: ce disque, il le dédie à son frère Andrew, décédé en 2008 suite à l’intrusion de cambrioleurs à son domicile.

Pourtant, même s’il y a deux manières d’écouter ce The Weather Up There – en connaissant le contexte ou en l’ignorant -, dans les deux cas, l’expérience est prenante. Car le but de Jeremy Cunningham, c’est de montrer la tristesse, le vide et les apories qu’ont causés la disparition de son frère, tout comme les innombrables homicides par armes à feu aux Etats-Unis. En plus de mélodies splendides, d’orchestrations minutieuses et d’interprètes de premier ordre (Makaya McCraven, Jeff Parker, Tomeka Reid, Jaimie Branch, Ben LaMar Gay…), il insère ainsi régulièrement des enregistrements vocaux: sa mère, imagine-t-on, sur l’intense morceau d’ouverture “Sleep” ou des proches du disparu sur le bouleversant “Elegy”, sorte de concerto pour choeurs de batteries et voix de coeurs.

Si tous ces souvenirs intimes touchent l’auditeur, c’est aussi parce que le batteur américain les entrecoupe d’incroyables séquences musicales. Entre l’esthétique éclectique propre à la nouvelle scène de Chicago et envolées post-jazz proches des grandes heures d’Alas No Axis, entre petites chansons poignantes (“Return These Tides”) et épopées hypnotiques (“The Weather Up There”), entre free jazz, post-rock et groove tranquille, The Weather Up There est au deuil ce que le FLY or DIE II: bird dogs of paradise de Jaimie Branch était à la colère: un masterpiece.

🇬🇧 Omnipresent drummer on the Chicago scene (he was part of the magnificent “Resavoir” project last year), Jeremy Cunningham does not yet have the reputation of his colleague Makaya McCraven but with “The Weather Up There”, he may have made the record that will circulate his name to the four corners of the world. (…) Jeremy Cunningham is dedicating his record to his brother Andrew, who died in 2008 because of the intrusion of burglars in his home. (…) The chicagoan drummer aims to show sadness, emptiness and aporias as much as to point out the craziness of gun homicides in the United States, thanks to splendid melodies, meticulous orchestrations and first-rate performers (Tomeka Reid, Jaimie Branch, Makaya McCraven, etc). (…) The Weather Up There is to mourning what Jaimie Branch’s “FLY or DIE II: bird dogs of paradise” was to anger: a masterpiece.

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