Milo

Un homme qui parle de Schopenhauer, Walt Whitman et Sonny Rollins dans un même album ne peut pas être foncièrement mauvais. Il peut même être foncièrement bon s’il ajoute un titre interminablement énigmatique (budding ornithologists are weary of tired analogies) une pochette couillue dans le sens où elle n’a ni titre, ni nom d’artiste, ni cadrage. Car le hip-hop de Milo est clairement hors cadre par rapport à notre époque. Il ressemble même à une suite d’esquisses sans autre prétention que celle d’explorer des pistes comme on se perd en forêt. Comme du Jonwayne en moins dépressif ou du Mos Def en plus underground. Car le rap du natif de Chicago est doux, drôle, blues, spirituel et jazz. Bref, il est presque dandy. Mais un dandy qui tache un peu comme le laisse supposer ce beau jean blanc souillé sur la couverture. Un album d’autant fort qu’il sonne la fin de l’artiste sous l’alias Milo. On a déjà hâte de connaître le prochain personnage de ce storyteller au sens homérien du terme.