Traque de Track #16 : "Menuet para un Corazon" de Daymé Arocena

Chaque jour de nouveaux titres entrent dans la programmation du Grigri. Aujourd’hui, Willy Kokolo s’intéresse à la chanteuse et compositrice cubaine, Dayme Arocena dont le dernier opus “Sonocardiogram” est sorti chez Brownswood Recordings.

Il y a plusieurs façons de raconter l’histoire de Daymé Arocena : musicologique - des sonorités au croisement du jazz et des musiques afro-cubaines-, biographique - une rencontre déterminante avec Gilles Peterson -, mystique – la dimension ésotérique de ses chants qui sonnent comme des incantations aux divinités orishas. L’ensemble de ces aspects se retrouvent dans le nouvel album de la pianiste et productrice cubaine, sorti chez Brownswood. Mais c’est l’incursion dans la musique électronique qui nous a marqué avec « Menuet para un Corazon », bousculant la douce mélodie du piano pour aller puiser dans une énergie aussi puissante que les forces de la nature qu’elle é(in)voque. 

On sent poindre la maturité chez la jeune musicienne de La Havane. Pas que les albums précédents étaient mauvais (ils étaient excellents), mais ils instauraient une dialectique parfois rêche, peut-être trop profondément ancrés dans un style pour aller visiter l’autre (le jazz vers l’afro-cubain pour le premier album, l’inverse sur le deuxième). Avec Sonocardiogram, Daymé Arocena refond l’ADN de sa musique, plus composite et organique.  Car il est question d’émotions ici.

Pas étonnant que le morceau qui nous a le plus chatouillé les oreilles soit dédié, justement, au cœur. Daymé y révèle ses talents de compositrice, au-delà de ses prouesses vocales toujours saisissantes. Une artiste dans la lignée des chanteuses soul, de la tradition cubaine, du jazz expérimental. Une artiste dont l’histoire se raconte avec les oreilles. 

Willy Kokolo

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