Traque de track #11 - "Jabula" de Abdullah Ibrahim

Chaque jour de nouveaux titres entrent dans la programmation du Grigri. Aujourd’hui, on vous présente un extrait du nouvel album du légendaire pianiste sud-africain. Son premier sur l’un des labels-clés de la nouvelle vague anglaise, Gearbox Records. Le tout raconté par nos amis de Le Bloc, une passionnante (et belle) plateforme dédiée aux musiques improvisées et plus si affinités.

« I ne-e-ed a dolla’ / dolla’ / Dolla’ is what I ne-e-ed », clamait Aloe Blacc. L’appel a été entendu et Dollar Brand refait surface avec un pile ou face plein d’urgence et de douceur. Le côté pile sera pour le mois d’août avec un album solo Dreamtime, le côté face est depuis juin dernier sur la couverture de The Balance. Dollar Brand, devenu depuis 1968 Abdullah Ibrahim, a mis son parcours sur les plateaux pour une pesée en règle, frappée d’histoire et de cosmos. Histoire personnelle, d’abord car on trouve sur The Balance des titres comme “Song For Sathima” ou “Tuang Guru”, tous deux gravés sur From An Ancient Well (1985). Pour le cosmos, il faudra envoyer son tympan dans les anneaux de petites perles comme “Tonegawa”, sorte de carnet de bal d’Erik Satie à Nagoya. Autre sommet du nouveau disque du pianiste sud-africain: “Jabula” qui entre dans la programmation du Grigri et qui vous scotche au ducktape le sourire aux oreilles. Une sorte de petit précis parfait sur les porosités du jazz: ce petit cousin du “Passion Dance” de McCoy Tyner est plein de racines sud-africaines, d’élévation des humeurs et d’un blues qu’on imaginerait facilement poussée par la gorge striée de Bob Mitchum.

Badneighbour — LeBloc

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