Traque de track #10 - "Obonogbozu" de Osayomore Joseph & The Creative 7

Chaque jour de nouveaux titres entrent dans la programmation du Grigri. Aujourd’hui, un extrait du quatrième tome de la géniale compilation Nigeria 70 menée par le label londonien Strut Records.

On a choisi Osayomore Joseph parce que le type a une sacrée classe sur la photo ci-dessous, mais on aurait pu mettre tous les titres de ce quatrième tome de la série Nigeria 70 sur le Grigri. Car tout est incroyablement bon dans cette anthologie du groove made in Lagos. Pour ceux qui ne connaissent pas cette compilation du label anglais Strut Records, elle a connu son premier volume en 2001, soit à peine quatre ans après la mort de Fela. Son grand mérite, c’est d’avoir justement montré/rappelé/martelé qu’il n’y avait pas que le Roi Kuti au Nigeria. Au milieu de dizaines et de dizaines de pépites afrobeat, highlife ou de funk psyché, on y trouvait par exemple le maintenant fameux sorcier des synthés William Onyeabor ou le non moins ensorcelant saxophoniste afro-soul Orlando Julius.

Dans ce nouveau tome sous-titré No Wahala: Highlife, Afro-Funk & Juju 1973-1987, on découvre ainsi grâce au digger maison Duncan Brooker ce surpuissant "Obonogbozu" de 1977. Et en plus d’un morceau de highlife aux guitares et à la flûte bien allumées latino, on découvre dans le livret le destin tragique de son auteur, Osayomore Joseph. Né au Bénin, il a rejoint l’armée nigériane en 1969 durant la Guerre du Biafra. À la fin du conflit quelques mois plus tard, il se retrouve à la Army School of Music de Lagos et ose enfin épouser sa passion pour le son. Il connaît le succès au Nigeria grâce à une série de disques baptisés Ulele Power Sound pour le label Philips. Plus de trente ans plus tard, il refait la une des journaux malgré lui: en octobre 2017, des hommes armés le kidnappent lui et sa femme. Après trente jours de captivité, ils échappent miraculeusement à la mort grâce à sa famille qui rassemble la rançon réclamée par les ravisseurs. Il en a fait un album: 30 Days and 30 Nights In The Evil Forest. Bref, une vie un poil plus agitée que celle de Vianney (oui, cette fois-ci ça tombe sur lui).

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